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vendredi 11 septembre 2009

LA LIBERATION DES HOMOSEXUELS


Antisida salue la décision de justice et demande la révision des textes


L’affaire sur la libération de neuf homosexuels est loin de connaitre son épilogue. Des organisations de lutte contre le Sida, réunis sous l’appellation Antisida ont produit le 23 avril dernier, un communiqué adressé à la justice sénégalaise pour «saluer la libération des huit homosexuels, un arrêtés qui laisse planer des suspicions graves. Alors que la question relative à la ratification de la charte sur l’orientation sexuelle dans toutes ses formes est en suspens. Quand l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d'une personne se distingue de celle de la majorité, cette personne devient souvent la cible de discriminations ou de violences. C’est pourquoi, les activistes gays plaident pour une meilleure couverture judiciaire.

Les organisations de lutte contre le sida ont salué la décision de la justice sénégalaise d'annuler la procédure judiciaire à l'encontre de neuf hommes condamnés en janvier à huit ans de prison sur la base de leur orientation sexuelle. Aussi, ils ont de nouveau appelé les autorités à abolir les lois qui criminalisent l'homosexualité dans le pays. Ce qui campe notre réflexion sur le pouvoir et le rôle fondamental de ces organisations de lutte contre le Sida. Dans sa décision annoncée le 20 avril, la Cour d'Appel de Dakar, a également ordonné la libération immédiate des neuf Sénégalais, arrêtés fin décembre au domicile de l'un d'entre eux, un activiste de la lutte contre le sida, et condamnés pour « acte impudique et contre nature et association de malfaiteurs ». Cette relaxation continue de nourrir des commentaires tandis que les organisations de lutte contre le Sida réunis sous le sigle Antisida soutiennent : « Nous saluons la libération des neuf hommes qui vont peut-être rentrer chez eux et poursuivre leur travail inestimable dans la lutte contre le sida », a déclaré le docteur Julio Montaner, président de l’Organisation international AIDS society (IAS), dans un communiqué parut le 23 avril. Les organisations Antisida ne se contentent pas simplement de la libération, elles font remarquer : « nous continuons à être sidérés par le maintien de lois qui autorisent la criminalisation de l'homosexualité, et nous exhortons le gouvernement du Sénégal et d'autres pays disposant de législations similaires à les transformer immédiatement, dans l'intérêt de la santé publique et des droits humains ». En outre, il faut rappeler qu’à l’occasion de la conférence de la 15è Icasa, le leader des MSM (les gays), les larmes aux yeux, le ton pathétique, la voix cassée, le timbre solennel avait demandé au ministre sénégalais de la santé, Mme Safiétou Thiam d’être son interprète auprès du président Wade pour lutter contre la vulnérabilité des MSM. En langage clair, il avait demandé que le président Wade les aide à se couvrir du point de vue des textes. Evidemment, cet appel avait relancé le débat sur la question lancinante de la législation des droits sexuels au Sénégal. Et aujourd’hui, l’on ne s’étonne pas que Antisida développe des arguments allant dans le sens de faire accepter à l’opinion que la communauté des homosexuels ne doit pas faire l’objet d’une stigmatisation. Car, remarque leur communiqué « des preuves attestent que la criminalisation, ou la discrimination, d'un groupe d'individus quel qu'il soit ne sert qu'à alimenter l'épidémie de VIH/SIDA en refusant l'accès de ces groupes à des services et des messages de prévention pertinents ». La prévalence du VIH au sein de la communauté MSM au Sénégal est estimée à plus de 21 %, contre 0,7% pour la population générale, selon des données officielles.
Mandiaye Pety BADJI

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