
En présence du Brésilien Lula Da Silva
NETTALI.NET - L’une des principales « qualités » du président Wade est qu’il ne lâche jamais un morceau. La preuve avec le monument de la renaissance africaine, sujet à polémique en raison de l’opportunité de sa création, et qu’il compte pourtant inaugurer le 12 décembre prochain en présence de son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
Le programme prévoit une exposition sur les grandes figures du panafricanisme, des projections de films, la prestation de troupes africaines et de la diaspora, l’exécution de la pièce « La Tragédie du Roi Christophe » du poète martiniquais Aimé Césaire (1913-2008) et un spectacle « Sons et lumières », selon l’Agence de presse sénégalaise. Cette pièce en bronze haute de cinquante mètres domine l’une des collines des Mamelles qui surplombe les berges de l’Atlantique est bâtie sur la pointe ouest de Dakar ; sa conception architecturale et les modalités de sa gestion ont entrainé des polémiques démesurées à la hauteur toutefois de ce qui a présidé à sa création, alors que le Sénégal se débat dans une crise économique et sociale jamais vécue depuis son indépendance.
Pour Me Wade, « le symbolisme de l’infrastructure est une référence à la libération de l’Afrique vis-à-vis de plusieurs siècles d’ignorance, d’intolérance et de racisme. A l’instar de la Statue de la Liberté à New-York, de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel à Paris, je veux donner une certaine image de la Renaissance africaine ; après six siècles de ténèbres, nous allons vers la lumière », avait-il déclaré en 2008 lors d’une visite sur le site.
Dès les premières esquisses de l’œuvre, beaucoup avaient été étonnés par sa ressemblance avec « La kolkhozienne et l’ouvrier », une célèbre statue qui figurait en bonne place dans la contribution de l’Urss à l’exposition universelle de 1937 à Paris.
Au plus fort de la polémique, le président Wade avait révélé que le monument « n’a pas coûté de l’argent à l’Etat, mais des terres. (…) Des terrains ont été échangés contre le monument… » Il avait par la suite précisé que « les droits de propriété (de l’ouvrage) m’appartiennent et les terres à l’Etat (…). J’en suis le propriétaire intellectuel ! » Toutefois, il n’avait donné aucune précision relative au coût du monument. Il n’a pas, non plus, donné de détail sur la valeur et la superficie des terres en question.
Mieux que la Statue de la Liberté, à New-York, qui « génère des milliards de dollars », le Monument de la Renaissance africaine « va générer beaucoup d’argent », a dit le Président Wade, ajoutant : « Je suis l’auteur du monument. 35% des retombées financières m’appartiendront, et 65% à l’Etat ». Il a dit que les dividendes qu’il tirera personnellement de cette infrastructure serviront à construire des écoles pour les enfants. « J’ai décidé que toutes les recettes seront destinées à la construction de cases des tout-petits, pas seulement au Sénégal, mais dans toute l’Afrique, parce que ce monument n’est pas celui du Sénégal, mais de l’Afrique. Pas un seul franc ne sera destiné à autre chose. »
UNE STATUE A 12 MILLIARDS
Au moment où il tenait ses propos, les finances publiques Sénégalaises étaient dans le rouge, les coupures d’électricité systématiques et beaucoup d’entreprises publiques en difficulté pour ne pas dire en passe de mettre la clé sous le paillasson. On estime le coût de l’ouvrage à 12 milliards de francs Cfa.
Autre polémique, la paternité de l’œuvre. Contrairement à ce qui a été déclaré officiellement, le sculpteur Ousmane Sow affirme être celui qui a eu l’idée de l’édification d’un monument sur les Mamelles : "C’était lors d’un dîner chez Abdoulaye Wade, alors qu’il était ministre d’Etat. J’entendais par-ci par-là des probèmes liés à un projet pour la création du musée Gorée-Almadies, Je lui ai dit "c’est un faux problème". Que j’ai une idée. Nous avons les Mamelles qui peuvent bien supporter une sculpture représentant un esclave libre. Nous pouvons aussi faire sortir des sculptures une famille. Wade a été emballé par l’idée et il en a parlé à Diouf. Il m’a appelé un jour pour me dire que Diouf était aussi emballé que lui et qu’il voulait que je fasse la maquette. J’étais occupé et je lui dis qu’on en reparlera", racontait récemment le célèbre sculpteur sénégalais sur les ondes de Rfi repris par nettali.net.
Ecarté par la suite du projet, Ousmane Sow ne s’empêche pas pour autant de critiquer la conception du monument : "Les Mamelles ne peuvent pas supporter une structure aussi lourde. A moins qu’ils aient creusé. Ce qui m’inquiète, c’est ce bras que cette femme lance. J’espère qu’ils ont creusé et qu’il y a une charpente. La structure qui est en train d’être construite n’a pas sa place là. Cela n’a aucun intérêt, aucune valeur symbolique. On s’est fait avoir. Les Mamelles ont été saccagées. J’ai fait la maquette de ce monument. Ce qui m’a découragé, c’est qu’il avait nommé un architecte avec qui je ne veux pas travailler. Je me suis donc retiré", avait révélé l’auteur des « Noubas ».
- Par Nettali -
NETTALI.NET - L’une des principales « qualités » du président Wade est qu’il ne lâche jamais un morceau. La preuve avec le monument de la renaissance africaine, sujet à polémique en raison de l’opportunité de sa création, et qu’il compte pourtant inaugurer le 12 décembre prochain en présence de son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
Le programme prévoit une exposition sur les grandes figures du panafricanisme, des projections de films, la prestation de troupes africaines et de la diaspora, l’exécution de la pièce « La Tragédie du Roi Christophe » du poète martiniquais Aimé Césaire (1913-2008) et un spectacle « Sons et lumières », selon l’Agence de presse sénégalaise. Cette pièce en bronze haute de cinquante mètres domine l’une des collines des Mamelles qui surplombe les berges de l’Atlantique est bâtie sur la pointe ouest de Dakar ; sa conception architecturale et les modalités de sa gestion ont entrainé des polémiques démesurées à la hauteur toutefois de ce qui a présidé à sa création, alors que le Sénégal se débat dans une crise économique et sociale jamais vécue depuis son indépendance.
Pour Me Wade, « le symbolisme de l’infrastructure est une référence à la libération de l’Afrique vis-à-vis de plusieurs siècles d’ignorance, d’intolérance et de racisme. A l’instar de la Statue de la Liberté à New-York, de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel à Paris, je veux donner une certaine image de la Renaissance africaine ; après six siècles de ténèbres, nous allons vers la lumière », avait-il déclaré en 2008 lors d’une visite sur le site.
Dès les premières esquisses de l’œuvre, beaucoup avaient été étonnés par sa ressemblance avec « La kolkhozienne et l’ouvrier », une célèbre statue qui figurait en bonne place dans la contribution de l’Urss à l’exposition universelle de 1937 à Paris.
Au plus fort de la polémique, le président Wade avait révélé que le monument « n’a pas coûté de l’argent à l’Etat, mais des terres. (…) Des terrains ont été échangés contre le monument… » Il avait par la suite précisé que « les droits de propriété (de l’ouvrage) m’appartiennent et les terres à l’Etat (…). J’en suis le propriétaire intellectuel ! » Toutefois, il n’avait donné aucune précision relative au coût du monument. Il n’a pas, non plus, donné de détail sur la valeur et la superficie des terres en question.
Mieux que la Statue de la Liberté, à New-York, qui « génère des milliards de dollars », le Monument de la Renaissance africaine « va générer beaucoup d’argent », a dit le Président Wade, ajoutant : « Je suis l’auteur du monument. 35% des retombées financières m’appartiendront, et 65% à l’Etat ». Il a dit que les dividendes qu’il tirera personnellement de cette infrastructure serviront à construire des écoles pour les enfants. « J’ai décidé que toutes les recettes seront destinées à la construction de cases des tout-petits, pas seulement au Sénégal, mais dans toute l’Afrique, parce que ce monument n’est pas celui du Sénégal, mais de l’Afrique. Pas un seul franc ne sera destiné à autre chose. »
UNE STATUE A 12 MILLIARDS
Au moment où il tenait ses propos, les finances publiques Sénégalaises étaient dans le rouge, les coupures d’électricité systématiques et beaucoup d’entreprises publiques en difficulté pour ne pas dire en passe de mettre la clé sous le paillasson. On estime le coût de l’ouvrage à 12 milliards de francs Cfa.
Autre polémique, la paternité de l’œuvre. Contrairement à ce qui a été déclaré officiellement, le sculpteur Ousmane Sow affirme être celui qui a eu l’idée de l’édification d’un monument sur les Mamelles : "C’était lors d’un dîner chez Abdoulaye Wade, alors qu’il était ministre d’Etat. J’entendais par-ci par-là des probèmes liés à un projet pour la création du musée Gorée-Almadies, Je lui ai dit "c’est un faux problème". Que j’ai une idée. Nous avons les Mamelles qui peuvent bien supporter une sculpture représentant un esclave libre. Nous pouvons aussi faire sortir des sculptures une famille. Wade a été emballé par l’idée et il en a parlé à Diouf. Il m’a appelé un jour pour me dire que Diouf était aussi emballé que lui et qu’il voulait que je fasse la maquette. J’étais occupé et je lui dis qu’on en reparlera", racontait récemment le célèbre sculpteur sénégalais sur les ondes de Rfi repris par nettali.net.
Ecarté par la suite du projet, Ousmane Sow ne s’empêche pas pour autant de critiquer la conception du monument : "Les Mamelles ne peuvent pas supporter une structure aussi lourde. A moins qu’ils aient creusé. Ce qui m’inquiète, c’est ce bras que cette femme lance. J’espère qu’ils ont creusé et qu’il y a une charpente. La structure qui est en train d’être construite n’a pas sa place là. Cela n’a aucun intérêt, aucune valeur symbolique. On s’est fait avoir. Les Mamelles ont été saccagées. J’ai fait la maquette de ce monument. Ce qui m’a découragé, c’est qu’il avait nommé un architecte avec qui je ne veux pas travailler. Je me suis donc retiré", avait révélé l’auteur des « Noubas ».
- Par Nettali -
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