
Dans la banlieue de Dakar inondée par les pluies hivernales, des familles désoeuvrées après trois à quatre années consécutives sous les eaux, quittent leur quartier pour vivre dans leur région d'origine.
A Pikine-Est, au coeur de la banlieue dakaroise, les eaux de pluies ont englouti plusieurs maisons, petits commerces et ruelles ensablées.Aïssatou Sy nettoie à l'aide d'un balai l'entrée de sa maison, où jonchent ça et là des carcasses de lit, des matelas en mousse humide et une bassine écorchée faisant office de poubelle. Depuis lundi dernier, sa famille vit dans la précarité."Lorsque la pluie a commencé, nous n'avons pas pu rompre le jeûne, dit-elle, le visage indigné. Tous nos bagages sont endommagés. Nous avons passé la nuit dehors", se désole-t-elle.Aïssatou Sy vit depuis 7 ans avec ses enfants, sa mère et ses deux soeurs dans une villa exigüe. "La pluie n'est toujours pas terminée pour cette saison. Si elle reprend, nous dormirons encore à la belle étoile", s'inquiète Mme Sy.A Pikine-Est, les pluies ont découragé les habitants, qui ont délaissé leurs maisonnettes submergées par les eaux."Nous avons décidé de quitter la banlieue et de rentrer dans notre région d'origine, le Fouta, parce que nous ne savons pas où aller", explique la jeune mère de famille.D'après le chef de ce quartier, "il y a plus d'une vingtaine de maisons abandonnées". "Rien que l'an passé, nous en avions compté une dizaine. La situation s'était calmée, mais cela n'a pas encouragé les habitants à revenir", poursuit Modou Codou Daffé, au coeur de son domicile épargné de peu par les inondations.Le quartier avait connu ses premières inondations en août 2005, après plusieurs années de sécheresse. Ces pluies avaient alors pris de court les habitants, souvent modestes et issus des régions."Nous nous situons sur une voie d'eau, qui cause chaque année beaucoup de dégâts matériels", explique le septuagénaire.Depuis 2005, une centaine de jeunes se sont regroupés pour assainir leur quartier avant la saison des pluies. Seulement, constate Djiby, un membre de cette association, "le départ abrupt de plusieurs résidents mine peu à peu notre organisation".Du côté de la mairie d'arrondissement, les agents se veulent rassurants : la mairie a mis à disposition cinq motopompes et des hydrocureurs pour aspirer les eaux des pluies."La commune d'arrondissement a doté toutes les motopompes de 20 litres de carburant", a indiqué à Xinhua le chargé de l'environnement et de l'assainissement de la mairie de Pikine Est, Mohamed Cissé."Mercredi, nous avons déployé 10 hydrocureurs dans les quartiers inondés, mais comme la pluie de lundi avait duré 4h, nous avons eu des difficultés à retirer toute l'eau", a-t-il ajouté.Jeudi, le gouvernement sénégalais a déclenché le plan d'Organisation des secours (Orsec), financé à hauteur de 2 milliards de francs CFA. Dans la banlieue, cette aide est perçue comme un appui supplémentaire."Nous sommes confrontés à des problèmes de moyens", déplore M. Cissé. "Ce plan nous permettra peut-être d'accroître nos ressources pour aider les populations", dit-il, une lueur d'espoir dans les yeux.
les hqbitqns doivent quittés les zones innondées car des épidémies peuvent se creer
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