
La fièvre monte au pays de Bongo. Quoi de plus normal. Plus que quelques heures et les Gabonais verront le jour tant attendu. Tout le monde est alors sur les dents. Le gouvernement met les bouchées doubles pour que cette élection tant attendue se déroule comme il se doit, et c’est sans doute la raison pour laquelle il a déployé une batterie de mesures sécuritaires préventives autour des 3000 bureaux de vote disponibles.
C’est toujours dans le même esprit que des conseils sont prodigués à la population dans son ensemble quant à son comportement avant et après l’exercice de son devoir citoyen. Jusque-là, rien que du bon, rien à redire. Mais une mesure a été prise à l’encontre des médias privés qui laisse dubitatif quant à la vraie finalité qu’elle recherche : le gouvernement gabonais a décidé que, pour la publication des résultats de la présidentielle, seuls seront autorisés, les médias publics. Ces derniers devront le faire, par ailleurs, sur la base des données fournies par le Ministère de l’intérieur. La mesure renferme certainement un hic, et il est de taille. A quelle sauce seront mangés les médias privés ? Extraordinaire, inouï, plutôt étrange, comme décision !Que les autorités gabonaises aient le souci d’éviter une pagaille, comme malheureusement cela est souvent le cas, en pareilles circonstances, en matières de chiffres, de pourcentage, et que pour cela, elles décident de surveiller de près les organes susceptibles de "balancer" désordonnément les résultats d’une élection de cette importance, on le comprend aisément. Cela tombe sous le coup du bon sens. Mais que l’on décide purement et simplement d’admettre certains médias (au motif qu’ils sont publics) et de laisser les autres dehors (au motif qu’ils sont privés) relève simplement d’une différence de traitement qui n’est ni plus ni moins que de l’ostracisme inacceptable.Et, si l’on pousse l’analyse plus profondément, qui vise-t-elle au final, cette mesure ? A n’en point douter, la presse privée et au-delà, les mouvements d’opposition. Et elle signifie en clair que l’on recherche l’information d’un seul canal, d’une seule source, celle que l’on contrôle et que l’on manipule à souhait.Déjà que dans les pays africains, les médias publics ne sont généralement rien d’autre que la caisse de résonance du maître des lieux, s’il faut en plus, demander aux autres de se taire pour que eux puissent mieux faire entendre leur voix, c’est, à tout le moins, un comble.On aura beau rétorquer que la presse privée est inféodée à des partis d’opposition, on ne pourra pas convaincre grand-monde quant à l’opportunité de cette mesure décidément radicale, drastique et certainement inique, tant elle tue la liberté fondamentale de la presse, fût-elle privée. Et puis, au Gabon, il existe bien une autorité de régulation des médias. Pourquoi ne la laisse-t-on pas sereinement statuer, à l’occasion de cette présidentielle ? Ce serait sans doute plus juste, plus sain. Et on ne donnerait pas la malheureuse impression que l’on tient à bâillonner les uns pour que d’autres s’expriment à satiété.Car, cela procède visiblement de la pure et simple discrimination. Les médias privés ont été d’un immense secours lors de certaines élections sur le continent. Ils ont permis de suivre en temps réel les résultats, rendant par le fait même vaines certaines tentatives de fraudes ou de manipulations souterraines envisagées. Le cas de la présidentielle sénégalaise de mars 2000 reste encore présent dans toutes les mémoires. Il faut oser croire que ce n’est pas leur rôle d’équilibrage que l’on cherche à détruire, lorsqu’on déclare, à l’occasion de cette présidentielle, les médias privés non grata. Comment cette presse privée qui travaille au quotidien pour le peuple gabonais, ainsi que le fait celle d’Etat, peut-elle se voir interdire de couvrir un évènement de cette importance ? Il faut peut-être y voir qu’il y a anguille sous roche. Et si d’aventure cela était le cas, ce serait là un fait qui n’honore pas le PDG. Ce mégaparti qui tient les rênes du pays depuis plus d’une quarantaine d’années, n’a visiblement pas besoin de si petites manoeuvres pour assurer la victoire au candidat, Ali Bongo. Il faudrait sans doute réajuster le tir. Reste à savoir comment la mesure gouvernementale sera accueillie et par les médias privés et par l’ensemble de la classe politique de l’opposition. Nul doute qu’ils n’apprécieront guère que soient mis en cause leur professionnalisme, leur indépendance et leur intégrité. C’est le Gabon tout entier qui est entré dans une phase historique de sa vie politique et qui compte en écrire une nouvelle page, à l’occasion de cette présidentielle. Il ne pourra le faire que dans la sérénité ainsi que le respect d’autrui dans sa différence. Le rôle des médias revêt une importance particulière dans un tel processus. Les clivages en la matière sont simplement exécrables. Les autorités gabonaises ont encore le temps de rectifier ce tir manqué.
C’est toujours dans le même esprit que des conseils sont prodigués à la population dans son ensemble quant à son comportement avant et après l’exercice de son devoir citoyen. Jusque-là, rien que du bon, rien à redire. Mais une mesure a été prise à l’encontre des médias privés qui laisse dubitatif quant à la vraie finalité qu’elle recherche : le gouvernement gabonais a décidé que, pour la publication des résultats de la présidentielle, seuls seront autorisés, les médias publics. Ces derniers devront le faire, par ailleurs, sur la base des données fournies par le Ministère de l’intérieur. La mesure renferme certainement un hic, et il est de taille. A quelle sauce seront mangés les médias privés ? Extraordinaire, inouï, plutôt étrange, comme décision !Que les autorités gabonaises aient le souci d’éviter une pagaille, comme malheureusement cela est souvent le cas, en pareilles circonstances, en matières de chiffres, de pourcentage, et que pour cela, elles décident de surveiller de près les organes susceptibles de "balancer" désordonnément les résultats d’une élection de cette importance, on le comprend aisément. Cela tombe sous le coup du bon sens. Mais que l’on décide purement et simplement d’admettre certains médias (au motif qu’ils sont publics) et de laisser les autres dehors (au motif qu’ils sont privés) relève simplement d’une différence de traitement qui n’est ni plus ni moins que de l’ostracisme inacceptable.Et, si l’on pousse l’analyse plus profondément, qui vise-t-elle au final, cette mesure ? A n’en point douter, la presse privée et au-delà, les mouvements d’opposition. Et elle signifie en clair que l’on recherche l’information d’un seul canal, d’une seule source, celle que l’on contrôle et que l’on manipule à souhait.Déjà que dans les pays africains, les médias publics ne sont généralement rien d’autre que la caisse de résonance du maître des lieux, s’il faut en plus, demander aux autres de se taire pour que eux puissent mieux faire entendre leur voix, c’est, à tout le moins, un comble.On aura beau rétorquer que la presse privée est inféodée à des partis d’opposition, on ne pourra pas convaincre grand-monde quant à l’opportunité de cette mesure décidément radicale, drastique et certainement inique, tant elle tue la liberté fondamentale de la presse, fût-elle privée. Et puis, au Gabon, il existe bien une autorité de régulation des médias. Pourquoi ne la laisse-t-on pas sereinement statuer, à l’occasion de cette présidentielle ? Ce serait sans doute plus juste, plus sain. Et on ne donnerait pas la malheureuse impression que l’on tient à bâillonner les uns pour que d’autres s’expriment à satiété.Car, cela procède visiblement de la pure et simple discrimination. Les médias privés ont été d’un immense secours lors de certaines élections sur le continent. Ils ont permis de suivre en temps réel les résultats, rendant par le fait même vaines certaines tentatives de fraudes ou de manipulations souterraines envisagées. Le cas de la présidentielle sénégalaise de mars 2000 reste encore présent dans toutes les mémoires. Il faut oser croire que ce n’est pas leur rôle d’équilibrage que l’on cherche à détruire, lorsqu’on déclare, à l’occasion de cette présidentielle, les médias privés non grata. Comment cette presse privée qui travaille au quotidien pour le peuple gabonais, ainsi que le fait celle d’Etat, peut-elle se voir interdire de couvrir un évènement de cette importance ? Il faut peut-être y voir qu’il y a anguille sous roche. Et si d’aventure cela était le cas, ce serait là un fait qui n’honore pas le PDG. Ce mégaparti qui tient les rênes du pays depuis plus d’une quarantaine d’années, n’a visiblement pas besoin de si petites manoeuvres pour assurer la victoire au candidat, Ali Bongo. Il faudrait sans doute réajuster le tir. Reste à savoir comment la mesure gouvernementale sera accueillie et par les médias privés et par l’ensemble de la classe politique de l’opposition. Nul doute qu’ils n’apprécieront guère que soient mis en cause leur professionnalisme, leur indépendance et leur intégrité. C’est le Gabon tout entier qui est entré dans une phase historique de sa vie politique et qui compte en écrire une nouvelle page, à l’occasion de cette présidentielle. Il ne pourra le faire que dans la sérénité ainsi que le respect d’autrui dans sa différence. Le rôle des médias revêt une importance particulière dans un tel processus. Les clivages en la matière sont simplement exécrables. Les autorités gabonaises ont encore le temps de rectifier ce tir manqué.
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